LA COURSE A LA MAISON BLANCHE

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Dimanche 19 Octobre : SCOTUS, déjà

Pas de message hier. Je m'en excuse, mais j'ai soudainement décidé que j'avais besoin de dormir au moins un jour par semaine. Aujourd'hui, un message sur la première intervention de la cour suprême dans cette élection.

Pour résumer les problèmes légaux auxquels les américains font face, rappelons que le vote est généralement plus souple qu'en France. Les inscriptions sur les listes électorales peuvent être faites par les organisations des candidats, les partis politiques, des organisations indépendantes, etc. De manière générale, on considère que les personnes non inscrites sur les listes électorales voteraient plutôt démocrate : jeunes, immigrés, ex-prisonniers, ... Par conséquent, les plus importantes campagnes d'inscription sont faites par les démocrates, et c'est encore plus vrai cette année en raison de la différence importante entre les organisations d'Obama et de McCain.

Les Républicains répondent en effectuant leurs propres campagnes d'inscription (je suppose que les communautés de retraités en Floride voient passer des volontaires républicains tous les 4 ans, pour trouver les derniers arrivés), mais surtout en cherchant à limiter certains abus démocrates, et à empêcher les fraudes. Hélas, de manière un peu trop fréquente, ils utilisent la fraude comme excuse pour chercher à exclure des tas de nouveaux inscrits, toujours selon l'idée que dans le paquet, il y aura plus de démocrates que de républicains. On passe donc rapidement de problèmes tactico-démographiques à des problèmes légaux pour les candidats.

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En effet, la quantité de problèmes légaux que cela pose est assez impressionnante. Rick Hasen, un spécialiste de loi électorale, tient un blog sur ce seul sujet, et il est loin d'être vide. Il adresse la fraude aux inscriptions (ACORN, ou ces plaintes de démocrates "transformés" en républicains), les problèmes avec les machines à voter, les tentatives de désinscription, les accusations de fraude électorale, et beaucoup d'autres sujets qui pourraient bien être décisifs, comme ils l'ont été au moins en 2000, voire en 2004.

Pour la première fois cette année me semble-t-il, un procès est remonté jusqu'à la Cour Suprême. Il concerne l'Ohio, état important s'il en est. Une loi de 2002 (HAVA, Help America to Vote Act) oblige les états à comparer les listes d'inscription à des bases de données fédérales (permis de conduire, par exemple) pour repérer les faux électeurs, au risque d'éliminer des listes des électeurs parfaitement valides. Dans l'Ohio, où Bush avait gagné de 120 000 voix en 2004, 200 000 noms ont été repérés "faux électeurs". Les Républicains veulent que cette liste soit fournie aux bureaux de vote pour éliminer les fraudeurs. Mais selon le Secrétaire d'Etat Jennifer Brunner, pour l'essentiel, ces différences ne sont pas des fraudes mais des erreurs administratives, d'orthographe, etc. Elle ne voulait donc pas donner les listes aux Républicains, argumentant qu'ils s'en serviraient pour éliminer illégalement des électeurs, comme l'avait affirmé un juge dans le Montana dans une autre affaire.

Un procès a eu lieu, et si je comprends bien, il a été favorable à Brunner. La cour d'appel, dans un premier temps et avec une cour réduite, a confirmé la décision, avant que la cour complète ne la renverse. En Cour Suprême, le Juge Stevens a simplement tout annulé. Ce qui est intéressant, c'est qu'il n'a pas argumenté sur le bien fondé ou non des positions de Brunner, il affirme simplement que le Parti Républicain, en tant qu'organisation privée, n'a pas le droit de porter plainte sur le sujet. La loi HAVA étant fédérale, j'ai l'impression, mais il y a de bonnes chances que je me plante, que cela s'applique dans tous les USA. Par contre, cela laisse la possibilité à un membre du public d'effectuer la même démarche, et donc évidemment, c'est déjà fait, ce qui relance toute la machine... 

Remarque : Si ces procès sont effectués si tard, ce n'est pas un accident, c'est pour faire en sorte que le problème ne soit pas résolu le jour de l'élection.

G

Vendredi 17 Octobre : Avant l'heure, c'est déjà l'heure

Certains analystes ou même politiciens, en général quand ils sont menés, aiment dire "le seul sondage qui compte, il est le jour du vote". D'une certaine manière, c'est vraie. Tous les électeurs peuvent avoir une épiphanie la veille du vote et changer d'avis. Mais le jour du vote, c'est quand ? Le 4 novembre, dit-on en général.

Or, ce n'est pas vrai : le 4 Novembre est simplement le jour où on compte les votes. Selon les différents états, il existe au moins trois manières de voter : traditionnelle, par courrier et en avance, avec différentes combinaisons. Essayons de résumer un petit peu : 33 états permettent de voter en avance sans avoir à fournir de raison, 28 permettent de voter par courrier sans fournir d'excuse, et 49 états (+ DC) permettent de voter traditionnellement. Et là vous me direz 49 ? Il n'y a pas 40 états aux USA ? Si, mais en Oregon, cette année, on ne peut voter que par courrier. Les conséquences que cela peut avoir sur l'élection ne sont pas très claires, mais il est probable que cela avantage le candidat ayant la meilleure organisation, donc Obama, qui de toutes façons devance largement McCain dans cet état. Certaines personnes ont apparemment voté dès les bulletins envoyés aux électeurs, au mois de mai, soit 6 mois avant l'élection !

Pour les campagnes bien organisées, ces périodes de vote longues sont un grand avantage : elles ont plus de temps pour convaincre tout le monde, ils peuvent vérifier qui a voté au fur et à mesure, déplacer des organisateurs vers les endroits où il y a le plus besoin d'eux. Sean de 538 pense même que dans le Nevada, en suivant les noms des électeurs qui ont voté, et en connaissant par leur travail de terrain pour qui ils allaient voter, ils pourraient probablement savoir s'ils allaient perdre avant le 4 novembre.

Dans de nombreux états, on peut donc déjà voter en personne au bureau de vote, histoire d'éviter de faire la queue le jour de l'élection (aux USA, l'attente peut atteindre plusieurs heures). La conséquence, que décrivent Ben Smith ou un lecteur d'Andrew Sullivan (et un autre à l'instant !), c'est celle-là : une heure de queue !

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Donc pour revenir aux sondages du jour du vote : Obama est largement en avance dans les sondages, et les votes ont déjà commencé, donc deux conséquences : 1- il est fort probable qu'il soit déjà en train de prendre de l'avance sur McCain, et d'engranger des voix qui pourraient être importantes si un événement extraordinaire venait à faire se resserrer la course, et 2-on peut même utiliser les sondages pour demander aux gens non pas pour qui ils pensent voter, mais pour qui ils ont voté

Evidemment Nate a déjà fait quelques comptes : dans 5 états clés qui ont voté Bush en 2004 et où les votes ont commencé, Obama mène de 23 points en moyenne (avec une forte incertitude, en raison de la faible population, moins de 100 par sondage, environ 10 - 15 % des électeurs interrogés). Par comparaison, il cite une étude affirmant que Bush, en 2000 et 2004, sur les USA, avait battu son adversaire démocrate d'environ 20 points.

Sinon, pour le débat de la nuit dernière, pas grand-chose de neuf, à part tous les détails sur Joe le Plombier qui apparaissent partout. Cet homme, cité sans arrêt par McCain, a été retrouvé par les journalistes. En fin de compte, Samuel Joseph Wurzelbacher a donné plus d'interviews ou de conférences de presse durant cette campagne que Sarah Palin... Par contre, ce n'est pas un très bon signe pour McCain qu'après un débat où beaucoup de commentateurs ont parlé de ses expressions faciales, la photo que je vois le plus est la suivante :

Beuuurk

Je la trouve hilarante, et vous ?

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G

Jeudi 16 Octobre : Enfin !

C'était le quatrième débat ce soir, le dernier Dieu merci, le troisième entre Obama et McCain, et pour une fois, ce n'était pas ennuyeux. Assez fascinant par moments, et comparer les langages corporels paraît particulièrement intéressant.

Comme pour les précédents, ce débat paraissait essentiel pour McCain : il avait absolument besoin de le gagner. Il a fait mieux que lors des précédents débats, n'a pas hésité à attaquer Obama frontalement, et a été plus convaincant.

Résultats : Obama a gagné, ce qui fait 4-0 pour les démocrates. Les électeurs, incluant les indépendants, se partagent environ 60 - 30 pour Obama. Les professionnels expliquent cette victoire surtout par le comportement de McCain. Ses attaques sont généralement mal perçues, ses expressions faciales pas très jolies, il a eu beaucoup de mal à rester calme.

Obama, au contraire, est resté extraordinairement calme. Il a préféré encaisser certains coups sans y répondre directement pour mieux dire "l'important, c'est l'économie", et ne pas se laisser entraîner dans un combat qui aurait rendu le débat fantastique, mais ne l'aurait pas aidé à être élu.

Obama a globalement dominé McCain dans à peu près tous les compartiments de la campagne, en particulier organisation et débats, et ils ont fait plus ou moins jeu égal au niveau de la communication, mais McCain en changeant régulièrement son approche, ce qui est à son avantage à court terme mais le dessert sur le long terme. Obama aura globalement été beaucoup plus ennuyeux, mais comme le dit Sullivan, pour qu'un candidat noir soit élu, il a besoin d'être ennuyeux. Je ne vois pas trop ce que peut faire McCain, à part peut-être "espérer" une attaque terroriste sur les USA. Si rien d'aussi dramatique n'arrive dans les trois semaines... Bienvenue, Président Obama.

G

Mercredi 15 Octobre : Un dernier débat pour la route

En fait, les deux premiers débats ont été si ennuyeux qu'à peu près personne ne parle du troisième, qui aura lieu cette nuit. Moi-même, je ne le regarderai pas en direct, mais j'essaierai d'en voir une partie et de résumer les réactions le matin.

Par conséquent, je vais essayer de parler d'autre chose. D'abord, j'ai remis à jour les écarts en un coup d'oeil (en résumé, c'est toujours très mauvais pour McCain). De plus, je voulais parler des efforts "Get Out The Vote" de la campagne d'Obama suite à la lecture d'un article très instructif, mais je ne vais pas pouvoir faire ça maintenant, je vais essayer de caser ça d'ici ce week-end. Du coup, l'autre chose dont je n'avais pas parlé est ACORN.

ACORN, ou Association of Community Organizations for Reform Now, est une association de 350 000 membres, dont le but est d'aider les familles en difficulté en particulier sur les problèmes de logement. Elle se classe donc naturellement dans les associations de gauche, donc soutenant Obama. Son activité politique lors des campagnes électorales se manifeste surtout par ses campagnes d'enregistrement d'électeurs, en particulier dans les quartiers défavorisés, mais s'est retrouvée accusée de fraudes. Aujourd'hui, assez étrangement, les Républicains l'accusent, en plus de fraudes électorales massives, d'avoir causé la faillite du système financier via la crise des subprimes.

Accuser une association pour le relogement des pauvres d'avoir causé les faillites de Wall Street est assez gonflé, mais pour les fraudes, c'est plus vicieux. ACORN emploie de très nombreux salariés, souvent des anciens détenus en réinsertion, qu'ils payent à la feuille d'inscriptions remplie. Cela crée donc une incitation à remplir des feuilles bidon, aux noms de Mickey Mouse ou Tony Romo (le QuarterBack des Dallas Cowboys) par exemple. De plus, ACORN n'a pas le droit de filtrer elle-même les feuilles d'inscription sur les listes, car la loi les oblige à remettre tous les documents remplis pour être traités. Il y a donc bien régulièrement des fraudes à l'enregistrement d'électeurs, mais cela n'implique pas une fraude électorale. La différence est de taille : aucun électeur nommé Mickey Mouse n'ira réellement voter, même si par accident sa feuille d'inscription passe le contrôle au bureau de vote.

Mais dans ce cas, les victimes de cette fraude sont en premier lieu ACORN qui a payé pour ces inscriptions, les employés du bureau de vote qui perdent du temps précieux alors qu'ils sont surchargés de demandes, et les démocrates, qui essaient également de leur côté d'inscrire des électeurs. Un grand nombre de faux aurait la conséquence de ralentir, voire peut-être d'empêcher leurs inscriptions (légitimes) et en plus de gagner une mauvaise image.Les Républicains ou les USA ne seraient victimes que si les fraudes à l'inscription entraînaient une fraude électorale, c'est-à-dire des faux votes. Or, aucune enquête n'a pu montrer l'existence de tels cas.

Pourtant, les liens relativement ténus entre Obama et ACORN (il a travaillé comme un des avocats de leur branche de Chicago au début des années 90, ou quelque chose du genre) sont mis en évidence par les Républicains, Palin en tête. Au point qu'Obama lui-même a adressé le sujet aujourd'hui, reprenant le même genre d'arguments que j'ai présentés et mettant en avant le travail de ses propres équipes pour inscrire les vrais électeurs.

Si le risque de fraude est faible, pourquoi un tel effort Républicain d'injecter ACORN dans le débat ? Pour les uns, c'est pour la possibilité de lier Obama à la crise financière, alors que les gens rendent plutôt responsables les Républicains. Pour d'autres, les risques sont plus graves : cela prépare d'importants efforts pour supprimer certains électeurs des listes électorales ou pour tenter de contester la validité de très nombreux bulletins de vote. Pour des derniers, c'est déjà une manière de préparer la défaite en utilisant l'argument / excuse de la triche (déjà utilisée en 1996, mais surtout en 2000 et 2004) et préparer des possibles recours en justice si nécessaire.

Dans tous les cas, cela renforce la paranoïa dans les deux camps, et promet la continuation d'une tension importante, et peut-être de nouveaux rebondissements légaux comme en 2000. Tout ça évidemment est à condition que McCain se rapproche un peu (ou plutôt énormément, si on en croit ce sondage tout récent donnant 14 points d'avance à Obama).  Dans les conditions actuelles, ça prépare surtout une opposition conservatrice terrible à la présidence Obama (et au Congrès Démocrate), qui fera passer les 8 ans de Clinton pour de la rigolade.

G

Mardi 14 Octobre : Reset

Ces derniers temps, on reprochait principalement deux choses à McCain : son agressivité envers Obama et son inconsistance. Le problème, c'est que c'est difficile de résoudre les deux problèmes en même temps : arrêter soudainement les attaques, c'est être un peu... inconsistant. Dans son camp, certains pensent qu'il devrait se fixer sur un seul message consistent, quel qu'il soit mais économique si possible, d'autres voudraient des attaques dures, quoi que ça fasse sur l'image du candidat.

Le résultat, c'est qu'il a décidé de changer de tactique une nouvelle fois, afin de se remettre en mode "challenger" qui lui avait si bien servi en novembre - décembre 2007 : message combatif mais positif, plus de mention de William Ayers, "l'ami terroriste" d'Obama.... sauf s'il en parlait au débat de demain soir.

Rappelons que la direction "tout négatif" datait d'à peine plus d'une semaine. Ce nouveau changement de direction est assez symptomatique de la campagne de McCain (dont un de ses plus fervents admirateurs a dit qu'elle était "pathétique"). Un autre exemple : ce week-end, des rumeurs venant de son équipe laissent entendre qu'il va faire de grandes annonces économiques ce lundi. Lindsey Graham, Un de ses plus proches collaborateurs confirme à la télé. Résultat : rien, parce qu'il a changé d'avis, sans que Graham ne le sache. Pendant ce temps, Obama fait un grand discours sur l'économie et propose 4 nouvelles idées. McCain dit quil fera un grand discours sur l'économie demain, affirmant que c'est ce qui a toujours été prévu.

Cela fait des mois que l'organisation de la campagne de McCain est sévèrement critiquée par observateurs et politiciens. Je ne sais pas s'il a réussi à tenir plus de deux semaines avec un message cohérent ; il a passé des mois à attendre que la primaire démocrate se termine et a quand même commencé la campagne générale en retard sur son organisation...

Quand on pensait à McCain, on pensait à "héros, "Maverick", "prisonnier de guerre", et parfois "trop vieux". Maintenant, de plus en plus, on pense à "joueur", prêt à tout miser sur un coup de dés. Dans ces conditions, c'est dur de convaincre qu'on est le choix de la sécurité.

De plus, les éléments s'acharnent contre lui. L'économie en tant que discipline universitaire est classée essentiellement à droite. On considère généralement, sans vraie raison, qu'un vrai économiste est pour le libre marché sans restriction, le reste n'est que socialisme. Que Paul Krugman, économiste et éditorialiste au New-York Times, classé fermement à gauche, soutien de Clinton puis maintenant d'Obama, gagne le prix Nobel, et ça renforce l'idée que les Républicains ont fait n'importe quoi. A son actif, Krugman a prévenu de l'imminence de la crise immobilière dès 2005.

Je le répète sans arrêt : la crise économique aide énormément Obama, mais il se dirigerait vers une victoire de toute façon. Deux derniers sondages donnent une idée des possibilités d'Obama, et des difficultés de McCain (à prendre avec beaucoup de retenue en attendant que d'autres sondages viennent très probablement les modérer) : Obama devancerait McCain de 8 points en Virginie de l'Ouest, état qui avait voté pour Bush 56 % - 43 %, soit un différentiel de 25 points, et serait en tête de 2 points dans le Dakota du Nord d'après ce sondage Public Affairs Institute, un état qui avait voté pour Bush 63 % - 36 %. Cette fois, c'est une différence de 29 points. A côté de ça, entendre que le Missouri (Bush + 7)  est à Obama + 8, c'est presque normal.

Enfin, un dernier mot sur les sondages. J'ai aussi répété ces derniers temps qu'il me semblait qu'ils sous-estimaient généralement l'avance d'Obama car les modèles de participation au scrutin basés sur les précédentes élections paraissaient assez peu crédibles : qui pourrait croire qu'il y aura autant de moins de 25 ans ou de noirs allant voter en 2008 qu'en 2004 ? On a aujourd'hui une réponse indirecte de Gallup pour USA Today : ils font deux estimations des électeurs "probables" : soit classiquement en se basant entre autres sur la participation aux élections précédentes, soit en ne prenant en compte que l'intérêt de la course actuelle. Dans le premier cas, Obama est en tête de 4 points, dans le second il devance McCain de 7 points. Modifier de manière plus réaliste le modèle de participation augmente le score d'Obama de 3 points ! Je sais bien que je raconte pas que des conneries, quand même...

G

Lundi 13 Octobre : Le coin des bonnes affaires

Si vous suivez assez l'élection américaine pour vous retrouver sur ce site, alors je suppose que vous avez pu voir, sur d'autres sites, par exemple sur ilovepolitics, les spots de pub réalisées par les deux campagnes. Je n'ai jamais voulu les passer, parce que ça représente en général le degré 0 de l'information politique.

De plus, il faut savoir qu'il y a une sorte de supercherie : la plupart des pubs envoyées aux journalistes pour qu'ils les commentent ne sont pas diffuées à la télévision, ou presque pas. Souvent les plus amusantes ou provocantes, elles sont diffusées gratuitement par tous les journaux et sites web d'infos politiques, surtout les blogs, qui ont besoin d'une actualité chargée pour un fonctionnement à plusieurs posts par jour. Par conséquent, ces spots servent à faire parler, et à tenter de créer un "narrative", c'est-à-dire une sorte de consensus médiatique sur les candidats. Ainsi, le spot de McCain "Celeb" comparant Obama à Paris Hilton et Britney Spears avait bien marché, modifiant un peu la manière dont Obama était évoqué. Par contre, celui cherchant à présenter Obama comme un dangereux libéral voulant enseigner l'éducation sexuelle aux enfants de maternelle s'était retourné contre lui, et avait aidé à créer le "narrative" selon lequel McCain mentait dans ses pubs.

Pub_McCain

Par contre, celles qui passent vraiment à la télé ne sont pas forcément connues des journalistes, donc moins commentées. Cela est rendu possible par la taille des USA, et le fonctionnement en marchés médiatiques : les chaines sont locales, donc les pubs le sont aussi. Par exemple, une publicité dans le Nouveau-Mexique parle du soutien de McCain pour une décharge pour déchets nucléaires dans l'état, mais sans vouloir que ces mêmes déchets traverse son état de l'Arizona. Dans le Michigan, c'est par contre l'économie de l'industrie automobile qui est mise en avant. Ces messages sont souvent plus spécifiques, plus proches des préoccupations locales des gens, mais beaucoup moins intéressantes pour les grands médias, qui ne les diffuseraient jamais gratuitement.

Dans tous les cas, réaliser ces pubs coûte de l'argent, et les diffuser encore plus. Cela explique aussi en partie pourquoi les publicités TV, les plus chères, sont les moins intéressantes : il vaut mieux ne pas prendre de risque pour ne pas avoir à payer une grande campagne télé pour rien. Or, les deux candidats n'ont pas le même fonctionnement financier. McCain a accepté les fonds publics, ce qui fait qu'il reçoit 85 millions $ sans rien faire, mais ne peut pas dépenser plus. Obama, par contre, a refusé ces fonds (ce pour quoi il s'est fait critiquer sur le coup) : il n'est pas limité, mais doit récolter lui-même tout ce qu'il dépense. Cette différence n'existe que pour le temps de la campagne générale, donc après les primaires, qui n'a commencé officiellement qu'après les deux conventions, donc pour simplifier au 1er septembre.

On a longtemps dit que cela donnait un avantage énorme à Obama, car il gagnait beaucoup d'argent sur Internet, et qu'il n'aurait aucun mal à recevoir plus de 85 millions, en particulier grâce à sa collecte sur Internet, un peu critiquée ces jours-ci. Puis on s'est rappelé que si McCain était limité, le parti Républicain ne l'est pas, lui, ce qui pouvait largement compenser l'avantage d'Obama. Le parti démocrate n'est évidemment pas limité non plus, mais reçoit bien moins d'argent que le démocrate, car les donneurs vont directement chez Obama. Au total, les deux camps paraissaient sur un même pied, et avaient à peu près autant d'argent en banque à la fin du mois d'août. Certains disaient alors qu'Obama avait besoin de 150 à 200 millions pour égaler les Républicains.

Mais accepter les fonds publics a un prix : la campagne de John McCain ne peut pas "puiser" dans l'argent du Parti Républicain. En théorie, ils ne peuvent même pas "coordonner" leurs activités, ou du moins cela complique fortement leurs relations, cette coordination étant limitée à 19 millions. Un exemple que je trouve très parlant : prenons cette récente publicité de McCain, attaquant Obama sur ses liens avec l'ancien terroriste William Ayers.

Cette pub de 30 secondes paraît très étrange : l'attaque sur Obama ne dure que 11 secondes, avant une charge de 14 secondes sur les "libéraux du Congrès" et la crise économique, et la conclusion sur John McCain, approuvant ce message. La raison est que pour des raisons financières, elle a été payée conjointement par McCain et le Parti Républicain, et les lois précisent qu'elle doit attaquer les adversaires des deux entités, donc à la fois Obama et le parti Démocrate. L'effet est donc très atténué. Le manque d'argent de McCain l'empêche donc de communiquer son message comme il le souhaiterait.

D'ici quelques jours, on saura la quantité d'argent qu'Obama a récoltée en Septembre, c'est un chiffre d'une extrême importance. Il permettra de savoir si Obama va continuer à pousser John McCain dans les cordes en continuant à dépenser beaucoup plus que lui. Déjà qu'il est très loin devant dans les sondages, ça va commencer à paraître un combat très inégal...

G

Dimanche 12 Octobre : Courbes à gogo

Le contexte de l'élection est connu depuis longtemps : avec une économie difficile, des guerres qui ne se passent pas très bien et un président Républicain très impopulaire, les démocrates sont favoris. En raison de sa couleur en particulier, beaucoup ont pensé qu'Obama pouvait être le seul démocrate à pouvoir perdre cette élection. Le déroulement du mois d'août semblait les conforter : McCain paraissait revenir inexorablement sur Obama, jusqu'à le dépasser début septembre, après la convention nationale Républicaine, surfant sur l'enthousiasme que provoquait Palin. Le 11 Septembre, McCain tient son avance la plus importante. Après ça, la crise immobilière et... patatras !

Mais les changements sont si brutaux, nous disent ces mêmes commentateurs, que tout pourrait se retourner en faveur de McCain. J'ai lu plusieurs fois : rappelons-nous de Kerry, dont beaucoup pensaient qu'il allait gagner. 

Je vais essayer ici d'expliquer le contraire : Obama a toujours été en tête, les remontées de McCain n'ont été que très limitées, et son avance est maintenant insurmontable. Toutes les explications données, bien qu'en partie vraies, sont totalement incomplètes.

Commençons par la comparaison avec Kerry. Ca ira vite : voici la courbe de RealClearPolitics de 2004 à la mi-octobre. Ce ne paraît pas ressembler à la courbe de cette année. C'est à se demander comment on n'a pas pu voir arriver la victoire de Bush (en fait, plusieurs sondages individuels dans les derniers jours ont donné Kerry gagnant, et les sondages sortie des urnes lui étaient très favorables. Mais les tendances nationales étaient contre lui).

Polls_2004

Vous me direz, ce qui compte, ce ne sont pas les sondages nationaux, mais les états et grands électeurs. Alors examinons ça et voyons si on observe cette remontée de McCain du mois d'août. Pour cela, je me réfère aux graphes réalisés par le Votemaster, qui compte les grands électeurs que "possède" un candidat chaque jour, en fonction des sondages récents, et les compare avec ceux de 2004 entre Bush et Kerry. Regardons ça.

ec_all_2008

ec_all_2004

On voit d'abord que les écarts créés par Obama en juin-juillet et septembre-octobre sont bien supérieurs à tout ce qui a pu exister en 2004. Cette année-là, Bush a pris un avantage faible mais suffisant après la convention Républicaine, et l'a globalement conservé, même si les débats ont été assez mauvais pour lui et ont permis un resserrement. Autrement dit, on confirme : Obama est en bien meilleure position que Kerry ou même Bush en 2004. Gore en 2004 avait eu des bons scores en octobre, mais c'était avant le premier débat, qui ont aidé Bush. Il n'y a plus qu'un débat pour McCain, qui est terriblement bas, à moins de 200 EV.

Pour le mois d'août, ce graphique semble confirmer la remontée de McCain, qui s'est fortement rapproché jusqu'au début de la convention Démocrate, qui a "boosté" Obama. Mais le Votemaster fait aussi d'autres graphes. Il trace également le nombre de grands électeurs sans prendre en compte les états où les scores sont serrés, moins de 5 % d'écart, correspondant en gros à l'intervalle de confiance des sondages.

ec_solid_2008

ec_solid_2004

Outre qu'une défaite d'Obama paraît ici impossible quand on compare 2004 et 2008, on voit étrangement que le mois d'août est une période "plate" : Obama a même pris de une légère avance sur McCain dans cette période ! De plus, il est resté très élevé, et proche de la barre fatidique des 270 grands électeurs, même aux meilleurs moments de McCain. Autrement dit, McCain arrivait alors dans une position où il pouvait gagner si tous les états-clés allaient chez lui, il n'avait donc pas le droit à l'erreur. Obama, en comparaison, n'avait qu'un de ces états-clés à gagner pour devenir président. Et on le rappelle, c'était une très bonne période pour McCain. Si je rajoute mon opinion qu'Obama est sous-estimé dans les sondages, il ne reste qu'une période où on peut supposer que McCain avait le moindre bout de chance : la semaine suivant la convention Républicaine.

Or, cette période post-convention est très discutable. Je l'avais expliqué à l'époque : les deux conventions ont provoqué un "boost" pour chaque candidat l'un après l'autre, qui disparaissent avec le temps et dont on pouvait estimer les effets respectifs, ce qu'avait fait Nate. J'avais alors comparé les résultats des sondages (quotidiens Gallup et Rasmussen) avec la courbe purement mathématique qu'il avait faite avant les conventions. Ca donnait ça :

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Autrement dit, la seule vraie avance qu'a eue McCain, non seulement a été très courte, mais était en partie artificielle, produite par la publicité massive que représente une convention : un spot publicitaire d'une semaine de long. Les sondages collaient presque parfaitement avec la courbe de Nate, du moins jusqu'au 15 septembre. Que s'est-il passé le 15 Septembre ? Pas grand-chose, juste la faillite de Lehman Brothers, le début des grosses secousses à Wall Street, et McCain qui affirmait que les fondamentaux de l'économie étaient solides (après quelques jours difficiles où on l'a accusé de divers mensonges dans ses pubs).

Le résumé, c'est en fin de compte que ce qui s'est toujours annoncé comme une victoire d'Obama a été transformé en possible raz-de-marée démocrate par la crise économique.  La preuve la plus évidente que les deux campagnes ont toujours su ce qu'était réellement l'état de la course est pour moi leur attitude : chez Obama, calme et sérénité, et chez McCain, prises de risques permanentes, comme éviter les sujets importants comme l'économie l'été pour comparer Obama à Britney Spears, suspendre sa campagne pour aller aider à faire passer le plan Paulson, qui n'est pas passé, et maintenant attaquer Obama excessivement, ce qui se retourne contre lui. La plus grosse a été évidemment le choix de Palin. Même si elle a réellement redonné de l'enthousiasme à la base, on peut raisonnablement affirmer que ce risque s'est retourné contre McCain. Regardons par exemple les popularités des 4 candidats, qui montrent quand même que Palin est très loin de faire l'unanimité (et que McCain et elle ont du chemin à faire pour pouvoir être élus).

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D'une certaine manière, ces valeurs sont faussées par la crise, qui favorise les Démocrates sur tous les tableaux, mais de toute évidence Palin n'aide pas McCain à rattraper son retard.

On peut donc écrire un résumé plus correct : les Démocrate sont toujours été largement favoris, ce qui a obligé McCain à prendre des risques, sans réel succès à long terme, et le peu de chances qu'il conservait se sont envolés avec la crise financière.

La seule question qui reste pour moi est de savoir si McCain avait réellement quelques petites chances. On le saura après l'élection, en comparant les scores d'Obama et ce qu'auront prédit les sondages : s'il s'avère que les sondages ont été plutôt bons ou qu'il a été un peu surestimé, alors McCain avait réellement des chances. Mais si Obama a été sous-estimé de plus de deux points, ce qu'on pourra interpréter comme un biais pro-républicain et qui est tout à fait possible considérant la différence entre Obama et les candidats Démocrates habituels, alors pour moi on pourra dire que McCain n' a jamais eu la moindre chance...  Et plus probablement, les chiffres seront trop variées pour pouvoir clairement être interprétés. Si c'était facile, ça se saurait...

G

Samedi 11 Octobre : Sonder les profondeurs...

Avant d'entamer le thème du jour, quelques nouvelles : vu la couverture très négative des réactions de colère, voire de haine, des supporters de McCain - Palin, McCain a décidé d'essayer de calmer les esprits. Ca ne marche peut-être pas comme il aurait voulu : quand il dit qu'Obama est un homme honnête, il se fait huer... 

Un rapport du Sénat de l'Alaska sur le "TrooperGate", le scandale impliquant Sarah Palin, devait être terminé cette nuit, mais il n'était pas sûr qu'il serait rendu public (en bref : en tant que gouverneur de l'Alaska, elle aurait renvoyé son chef de la police car il refusait de renvoyer le policier qui était en train de divorcer avec la soeur de Sarah). Le Sénat Républicain avait décidé cette enquête avant que McCain ne la choisisse. Après que la Cour Suprême de l'Alaska a récemment refusé d'empêcher cette enquête, les Sénateurs ont décidé 12-0 de le rendre public. 

Résultat, tard dans la nuit : le rapport a été publié, et affirme que Palin a abusé de son autorité. Pour toute nouvelle sur ce scandale, c'est sur le site TalkingPointsMemo qu'il faut aller voir ou encore directement sur le quotidien de l'Alaska, l'Anchorage Daily News. Plus de nouvelles demain, quand le rapport et ses conséquences auront été digérés par tout le monde.

Maintenant, comme dit hier, une petite discussion sur "race", vote et sondages. D'abord un mot : j'ai horreur du terme "race" utilisé dans ce sens, mais c'est le terme normal aux USA pour différencier noirs, blancs et hispaniques, donc je vais le conserver ici, pour ne pas changer le sens. Pour des références et des liens, voir en bas du post d'hier.

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Race, vote et sondages

Il faut d'abord bien expliquer la différence entre deux phénomènes : le vote sur des bases raciales et l'effet Bradley. Ce sont des choses très différentes, mais qui concernent toutes deux les électeurs qui ne voteront pas Obama, et ce en partie parce qu'il est noir. La première concerne l'ensemble de ces électeurs, la seconde uniquement ceux qui ne veulent pas le dire aux instituts de sondage, peut-être de peur de passer pour un raciste. Et une fois tout compté, ce n'est pas forcément Obama qui a du souci à se faire...

• Personne ne doute que certaines personnes vont voter en partie pour des raisons liées à la race du candidat. Considérant les forces en présence, cela est en général compris comme signifiant qu'Obama perd plusieurs points à cause de sa couleur de peau. C'est probablement vrai, mais en réalité presque totalement non quantifiable (l'estimation récente de 6 points ne me paraît pas crédible, et surtout tirée d'un chapeau). De plus, il y a une réciproque : que gagne Obama chez les noirs en raison de sa couleur ? Apparemment, 88 % des noirs avaient voté Kerry, donc en montant à 95 %, cela peut changer un petit peu les choses, près de 2 % au total. Mais surtout, il paraît possible d'augmenter fortement les inscriptions des noirs et de diminuer leur abstention, s'ils sont suffisamment motivés (et s'ils ne sont pas motivés cette année, je ne sais pas quand ils le seront...).

Dans l'ensemble, le net entre les votes perdus et gagnés est pour l'instant impossible à connaître. Pour faire une comparaison, il faudrait connaître le score qu'aurait Obama "s'il n'était pas noir", ce qui en fin de compte ne veut pas dire grand chose, sa couleur étant centrale dans sa perception auprès du public. Ainsi, de nombreuses personnes blanches sont fières de pouvoir voter pour un noir. 

Le bout du bout, c'est que pour juger de l'attrait du candidat auprès de la population, il faut simplement regarder les sondages. Obama devance en ce moment McCain de 7 points chez Pollster. J'ai du mal à croire qu'un autre démocrate puisse dominer le même adversaire de plus de 10 points. D'ailleurs, les sondages faits à l'époque des primaires montraient, je crois, Obama le mieux placé des Démocrates face à n'importe quel Républicain (sauf en fin de primaire contre Clinton, qui n'était plus attaquée). Quand je vois les écarts actuels, j'ai du mal à croire qu'un effet net négatif puisse jouer contre Obama.

Du moins, tant qu'on suppose que les gens sont honnêtes avec les sondeurs...

• C'est le point de l'effet Bradley (ou Wilder) : et si tous ces gens, en particulier blancs, qui disent qu'ils vont voter pour Obama, ne disaient pas la vérité ? Plus précisément, car les causes ne sont pas claires, et si les sondages d'Obama étaient surestimés en raison de sa couleur ? Le nom vient de l'élection perdue par le noir Tom Bradley en 1982, alors que tous les sondages le donnaient gagnants. Plusieurs élections opposant un noir à un blanc ont montré le candidat noir recevant des scores plus faibles que prévu. Si cet effet existe cette année, on pourrait réduire le score d'Obama dans les sondages de quelques points, ce qui rendrait la course immédiatement très serrée.

Plusieurs éléments font pourtant penser que ce ne devrait pas être le cas. Personnellement, je vois trois raisons principales :

- J'imagine mal un phénomène de "honte de ne pas voter pour le candidat noir" alors que l'autre candidat est un véritable héros de guerre américain. Toute personne rendu un tant soit peu gênée par Obama peut voter fièrement pour McCain sans qu'il lui soit reproché grand-chose (bien que ces derniers temps, ça ait un peu changé...)

- Des études sur le sujet existent, elles montrent que si l'effet Bradley était réel et quantifiable, il a progressivement diminué lors des années 80, et peut être négligé depuis le milieu des années 90.

- Ces différentes élections étaient locales (maires, gouverneurs, sénateurs, etc.), on peut donc se demander si cette conclusion reste valable pour cette élection nationale. On n'a évidemment pas de référence d'autre élection présidentielle récente avec un candidat noir, mais on a un autre cas, presque parfait : la primaire démocrate, où Obama a été opposé à Clinton dans tous les états, où de très nombreux sondages sont disponibles, et où de plus ont voté les électeurs les plus à même de succomber à l'effet Bradley : les démocrates. Il est donc possible de comparer les derniers sondages avant l'élection avec le résultat.

Nate a effectué cette étude. Son résultat, surprenant : non seulement cet effet n'apparaît pas, mais on constate même un effet Bradley inverse dans les états du Sud, où la population noire est importante : Obama a surpassé son score en moyenne de 7 points dans ces états (14 en Caroline du Sud, 16 en Alabama, 9 dans le Tennessee et le Mississipi, et même 21 en Georgie !). Cela pourrait alors être interprété par des noirs ne voulant pas donner l'impression qu'ils votent en raison de la couleur de la peau du candidat noir. 

Personnellement, je doute de cette explication. J'aurais tendance à penser, tout simplement, que dans ces états, les noirs sont allés beaucoup plus massivement voter que ne le pensaient les sondeurs, qui ont peut-être trop tendance à utiliser les références de 2004 pour déterminer à quoi doit ressembler un échantillon représentatif en 2008 (même principe pour les électeurs jeunes, une catégorie habituellement sous-représentée dans l'électorat et qui vote également massivement pour Obama).  L'important dans cette théorie est qu'elle se traduirait probablement par un effet encore plus important lors de l'élection générale. Ce n'est pas forcément le cas de l'hypothèse de noirs n'osant pas dire qu'ils votent Obama, donc on aura peut-être une idée de laquelle est juste, une fois les votes dépouillés...

En résumé, les votes qu'Obama perd chez les blancs pourraient être en partie compensés par ceux qu'il gagne chez les noirs. De plus, rien ne montre qu'un effet Bradley le désavantageant puisse survenir, il semblerait même au contraire qu'on puisse s'attendre à un effet Bradley inversé le favorisant, en particulier dans les états du Sud à forte population noire. 

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Vendredi 10 Octobre : PPDA, Ferrari... Obama ?

La journée est assez calme, selon les standards récents, rien d'inhabituel : le Dow Jones s'effondre, les sondages de McCain sont calamiteux, ses attaques sur Obama dépassent les bornes... Tout est évidemment lié. Même s'il est trop facile de rendre la crise seule responsable des problèmes de McCain, ses effets paraissent plus encore importants que ce que j'envisageais. Prenez cette courbe comparant sur les deux dernières semaines les sondages de McCain chez Gallup et le cours du S&P 500, un des indices de Wall Street, paru dans le Blog State of the Union (via Ben Smith):

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Le Dow Jones étant tombé aujourd'hui sous les 9000 pour la première fois depuis 5 ans (même sous les 8600), ça ne risque pas de s'arranger. Si McCain tombe plus bas, il va perdre des états que personne n'imaginait Obama gagner. Ainsi, la Virginie de l'Ouest, symbole de ces états Appalachiens qui ont voté massivement pour Clinton lors des primaires (67 % contre 26 !) et pour Bush en 2000 et 2004 (+6 en 2000 et +13 en 2004), serait, d'après un sondage ARG assez étonnant, en train de passer dans la colonne d'Obama : +8 !

Les attaques de McCain envers Obama portent essentiellement sur la personne de William Ayers. Cet ancien terroriste d'extrême gauche, qui avait fondé un groupe violent (quelques bombes sur le Capitole, le Pentagone, mais j'ai l'impression que les seules victimes ont été des membres du groupe, en fabriquant des bombes), est devenu un membre plus ou moins éminent du milieu politique de Chicago en tant que théoricien de l'éducation. Il a croisé plusieurs fois la route d'Obama au début de la carrière politique de celui-ci, ils ont collaboré sur divers projets, sans qu'ils aient jamais été réellement proches. Le rapprochement est clair : Obama est un terroriste ; on ne dit pas islamiste, on laisse les gens faire le rapprochement avec les rumeurs qui avaient circulé il y a quelques mois.

Rien ne montre que cette tactique puisse marcher auprès des électeurs non décidés, mais il est certain qu'elle enflamme les plus conservateurs du parti. C'est un des éléments les plus perturbants de ces derniers jours : alors que l'hypothèse d'une victoire d'Obama devient de plus en plus réaliste, certains Républicains sont fous de rage. Cette vidéo est extrêmement parlante. Et encore, c'est ce qui est dit publiquement lors du meeting. A l'extérieur, certaines réactions sont encore plus effrayantes. De nombreux électeurs de McCain croient réellement tous les mensonges et les manipulations de Fox News...  

Quelle est la réaction d'Obama ? Comme d'habitude : Zen et économie. Après avoir montré qu'il pouvait frapper fort si on le cherche, il reprend ses attaques centrées quasi uniquement sur les positions de McCain sur l'économie. Evidemment, celui-ci ne s'st pas aidé en proposant lors du débat une "amélioration" du Plan Paulson de sauvetage de l'économie que les économistes ne comprennent pas trop et que ses supporters critiquent fortement.

Pendant ce temps, il prépare aussi un gros coup : il a acheté 30 minutes de programmes à 20h00 sur CBS une semaine avant l'élection : il va faire le 20h ! Et il serait aussi en discussions avec NBC et Fox. Plus que la pub, c'est pour l'instant un coup de force, prouvant que même s'il dépense déjà beaucoup plus que McCain, il a encore beaucoup de réserve.

Un dernier mot : si vous avez vu comme moi ce matin sur I-Télé un journaliste essayant d'expliquer l'effet Bradley, racontant n'importe quoi et concluant qu'Obama était peut-être surévalué de 6 points, une note plus sérieuse dans cet article récent précisant ce qu'est réellement l'effet Bradley, pourquoi il ne devrait pas jouer contre Obama pourquoi il est peut-être sous-estimé de 2 ou 3 points. J'en avais parlé rapidement ici, je le ferai peut-être plus en détails bientôt. En attendant, si vous avez le temps, lisez les réflexions de Nate sur le sujet, en particulier ce post.

Enfin, si vous avez des questions particulières, des sujets que vous voudriez que j'aborde plus en détails, n'hésitez pas à me contacter.

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Jeudi 9 Octobre : L'après-McCain, déjà

La victoire d'Obama dans le débat d'hier n'est pas encore mesurée dans les sondages, et pourtant McCain est déjà dans une position très difficile. J'ai remis à jour les écarts en un coup d'oeil. En gros, les écarts nationaux se resserrent, mais les sondages dans les différents états continuent à montrer ce que signifie un écart supérieur à 5 % nationalement : un raz-de-marée électoral. Dans les comptes par état, Obama a environ deux fois plus de grands électeurs que McCain (voir carte de Pollster publiée hier, par exemple). 

Les commentateurs commencent donc à prédire la défaite de McCain. David Brooks, du NY Times, supporter de McCain, prédit une victoire d'Obama par 9 points. Michael Barone a déjà écrit son "post-mortem", c'est-à-dire l'analyse des principales erreurs de McCain qui auront conduit à sa défaite. C'est pas aussi explicite, mais comparez ça aux articles écrits sur Hillary Clinton après sa défaite (quelques liens ici), et vous verrez ce que je veux dire. Enfin, certains commencent à discourir du Parti Républicain après la défaite de McCain.

Que peut faire McCain dans ces conditions ? Non seulement il est dominé dans les sondages, dans les médias, mais il est de plus en plus dépassé financièrement. Voici les sommes dépensées la semaine dernière par les candidats dans les états clés. Elles montrent des choix qui risquent de s'avérer maladroits : les états où McCain dépense plus qu'Obama, Iowa et Minnesota, sont donnés par Pollster à +12 et +5 pour Obama respectivement, et en train de s'éloigner pour McCain. 

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La décision de McCain de passer littéralement 100 % négatif est un nouveau risque. Certains médias de gauche n'attendent que la moindre excuse pour qualifier la communication de McCain de raciste, et certains à droite sont prêts à foncer dans le piège, pensant que ça pourra les sauver. Le risque est assez faible pour McCain : perdu pour perdu, seule sa réputation est en jeu, et elle a déjà pris un sacré coup ces derniers mois.

Le jour où vous entendrez McCain dire du bien d'Obama, ou qu'il souhaite que le meilleur gagne, ou que quel que soit le résultat, les Américains n'en seraient que mieux grâce au processus démocratique et au départ de Bush, c'est qu'il sait qu'il a perdu et travaille à redorer son blason. Sur ce sujet, lire par exemple l'article paru dans Rolling Stone sur McCain. Il est tout simplement dévastateur, même si parfois un peu léger sur certains détails. Il y a peu, ces commentaires étaient restreints à quelques livres qui n'étaient pas vraiment jugés dignes d'intérêt pour les médias traditionnels. Dans un journal grand public, c'est stupéfiant : j'imagine mal comment quelqu'un d'indécis pourrait lire un tel article et voter pour McCain. Si vous avez le temps et lisez l'anglais, prenez le, ça fait froid dans le dos...

Donc si McCain ne perd pas grand-chose à attaquer violemment Obama, pourquoi est-ce un risque ? Disons que c'est une opinion personnelle basée sur un peu de politique-fiction. Rappelons que McCain, après avoir été considéré centriste pendant des années, s'est rapproché de l'aide droite de son parti avant les élections. Bien que respecté, il n'est aujourd'hui pas très respecté, ni des modérés ni des ultra-conservateurs. Une défaite sera alors attribuée par chaque groupe à l'autre : les conservateurs rappelleront que Bush a gagné 2 fois et McCain a perdu, ce qui prouve qu'il faut des vrais conservateurs (J'ai l'impression que le conservateur Tom Delay a commencé, rappelant que McCain est trop modéré pour le parti Républicain). Les modérés diront que McCain avait ses chances jusqu'à ce qu'il embrasse l'extrême-droite. 

Dans cette élection, tous les politiciens ne sont pas des supporters, certains sont des joueurs, participant à leur propre campagne, au Sénat ou à la Chambre des Représentants par exemple. La plupart montent et descendent dans les sondages avec McCain. La course nationale tire en partie les courses locales avec elle (l'avantage financier des Démocrates joue aussi). Donc si McCain n'a rien à perdre, d'autres, si. En particulier, des Sénateurs Républicains modérés, qu'on envisageait plutôt gagner, risquent maintenant de perdre leur siège. Je pense ainsi à Gordon Smith dans l'Oregon, Elizabeth Dole en Caroline du Nord, voire Norm Coleman dans le Minnesota (c'est vrai aussi pour Saxby Chambliss en Georgie, mais il n'est pas vraiment modéré, je ne sais pas trop comment il réagirait).

Si ces modérés venaient à voir McCain les entraîner dans sa chute, je pense qu'ils se verront obliger de se désolidariser de lui, comme beaucoup se sont désolidarisés de Bush avant ça (Rappelons quand même que Smith parle de sa proximité avec Obama depuis des mois). Ces sénateurs suivent tous les sondages au quotidien. S'ils sentent que les attaques de McCain sont excessives, mais surtout se retournent contre lui, et donc contre eux, on pourra s'attendre à voir se retourner les Républicains contre McCain. Je pense que beaucoup n'attendront que le signal du départ : un Républicain imposant et respecté, qui n'aura pas peur d'être le premier à se retourner, et qui rendra la suite plus facile pour les autres.

Les premiers politiciens à qui on pense pour ça : peut-être Chuck Hagel, le Sénateur Républicain qu'on sait plus proche d'Obama mais qui ne l'a jamais soutenu officiellement (bien que sa femme l'ait fait cette semaine), mais surtout Colin Powell, le toujours très respecté ancien ministre de Bush. Noir comme Obama et opposé à la politique de McCain, il a toujours pris du retrait sur la campagne. Si des tensions raciales l'incitaient à sortir de sa réserve et à soutenir Obama ou à critiquer fortement McCain, je pense que ça serait donc suivi d'autres politiciens, ce qui pourrait les sauver, mais finirait d'enterrer McCain, et lancerait officiellement le début de la guerre de reprise en main du Parti Républicain.

Alors je sais, c'est très hypothétique, c'est pour ça que j'ai parlé de politique-fiction, mais je pense que c'est un scénario raisonnable dans le cas où McCain décide d'attaquer vraiment à tout-va, et c'est surtout un scénario cherchant à illuster les dynamiques complexes existant dans une élection multiple.

C'est tout pour ce soir. Si ce que je raconte vous intéresse, n'oubliez pas de partager ce site avec vos amis en cliquant sur le bouton "SHARE" tout en haut.

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Mercredi 8 Octobre : The Last Stand

A l'approche de ce second débat, la situation de McCain est devenue très problématique. En chute libre, encore, dans tous les sondages, il est pour la première fois de l'année, me semble-t-il, donné perdant de l'élection par Pollster en ne comptant à Obama que les états où il est clairement en avance (il faut 270 grands électeurs pour gagner, il en a 320 selon leurs analyses des sondages ce matin).

pollster 8 oct

Non seulement la crise économique le désavantage, mais il ne s'est pas aidé en ayant choisi de mener une campagne sur les caractères et non sur les programmes. Cela paraissait peut-être une bonne idée en août de faire des publicités en comparant Obama à Britney Spears pendant que celui-ci restait sur le terrain de l'économie, mais cela semble maintenant lointain, trivial et un peu bête.

De plus, il maintenant clair qu'après avoir été longtemps le chouchou des médias, McCain est récemment devenu leur adversaire. Ses publicités malhonnêtes et la mauvaise foi généralisée autour du choix de Palin lui ont fait perdre tout crédit auprès de ceux qu'il appelait sa base, ce qui lui a manqué fortement au moment où il a suspendu sa campagne, qui a été globalement été traité comme une blague, sans lui laisser le bénéfice du doute. Les cris récemment entendus dans des meetings de McCain ou Palin ("Traître !" ou"Terroriste !" ou "Tuez le" en évoquant Obama et/ou l'ancien terroriste Bill Ayers) ne sont pas du genre à plaire non plus aux grands médias. D'ailleurs, la carte du racisme pourra être insuffisante : la crise économique est telle que même les racistes ne savent pas pour qui voter !

Plusieurs commentateurs commencent donc à avouer qu'entre eux, ils se disent qu'Obama a presque déjà gagné. Le débat paraît le meilleur, ou le dernier, moment où il sera possible à McCain de renverser la tendance. Les analystes rejoignent sur le sujet les politiciens. McCain a tendance à aimer prendre des risques, le débat pourrait donc être animé, même si le format risque de ne pas aider.

Résultat : comme pour le premier débat, McCain avait besoin d'une victoire claire, et il ne l'a pas obtenue. Comme la première fois, les sondages donnent la victoire à Obama assez nettement (54 -30 chez CNN), en particulier chez les indépendants (40 - 26 chez CBS52 -34 chez mediacurves).

De plus, si une seule image sera utilisée par les médias pour résumer le débat, c'est lorsque McCain a appelé Obama "That one", ou "Celui-là", ce qui paraît condescendant.

De manière générale, l'échec de McCain dans ces débats peut probablement remonter à sa décision de critiquer ouvertement l'inexpérience et la vacuité d'Obama. Tous les gens ne le connaissant pas trop et n'ayant comme retour que cette opinion ne peuvent être que favorablement surpris par son intelligence et sa maîtrise des sujets, et donc rassurés par le candidat démocrate.

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Lundi 6 Octobre : Tout vote est bon à prendre

Dans un week-end un peu pauvre en événement, il est intéressant de se pencher sur les deux canards boiteux de la carte électorale américaine : le Maine et le Nebraska, dans lesquels les règles électorales sont différentes de celles des 48 autres états et DC. Chaque état est représenté au Congrès par deux sénateurs et un nombre variable de Représentants élus dans des  zones nommées districts. Le nombre de districts dépend de la population d'un état ; il y en a 435 aux USA, de 1 dans les états les moins peuplés du Wyoming, du Montana, des deux Dakota (Nord et Sud) par exemple, jusqu'à 53 en Californie. Le Maine a 2 districts et le Nebraska 3. Chaque état ayant autant de grands électeurs que de "Congressmen", Sénateurs et Représentants, ces deux états ont donc respectivement 4 et 5 grands électeurs.

Alors que les autres états donnent tous leurs grands électeurs au candidat ayant obtenu le plus de voix dans la totalité de l'état, le Maine et le Nebraska donnent un grand électeur au vainqueur de chaque district plus deux au vainqueur de l'état. Le vainqueur de l'état peut donc gagner mais perdre 1 grand électeur, voire 2 au Nebraska. Ce cas est pour l'instant resté théorique ; même si on l'évoque tous les 4 ans, comme la possibilité d'un match nul 269-269, aucun ne s'est jamais produit pour l'instant.

Cette année est-elle différente ? Le Maine est a priori un territoire démocrate, où on estime que McCain a quelques chances dans un des deux districts, et le Nebraska est territoire républicain où Obama pourrait également avoir des chances. Pour comprendre pourquoi un district peut voter très différemment du reste de l'état, il suffit de regarder les cartes des districts de ces deux états : le Maine à gauche et le Nebraska à droite.

MaineNebraska

Les districts d'un même état ont des populations comparables, donc s'ils ont des tailles différentes, c'est la densité de population qui change. Conclusion : le second district du Maine est beaucoup moins densément peuplé, donc plus rural que le premier, et McCain et préféré dans les zones rurales. Au Nebraska, le troisième district est très rural, mais le second est complètement urbain, c'est essentiellement l'agglomération d'Omaha, 3/4 de millions d'habitants, près de la moitié de la population de l'état ; les chances d'Obama y sont réelles.

Si McCain se rapproche d'Obama, un résultat tout à fait possible est qu'Obama gagne tous les états de Kerry sauf le New Hampshire, plus l'Iowa, le Nouveau-Mexique et le Colorado. On se retrouve dans ce cas à 269-269 et un GE au Maine ou au Nebraska peut faire la différence. Question : à quel point les deux campagnes prennent-elles ces cas au sérieux ? Pour répondre, il faut regarder l'argent investi, l'organisation sur place, voire les déplacements des candidats. A moins d'un mois de l'élection, chaque déplacement est crucial.

Dans le Maine, McCain a investi des ressources assez importantes par rapport au gain espéré, et plusieurs commentateurs pensent que le calcul est loin d'être stupide.

Dans le Nebraska, ou plus précisément dans la seule ville d'Omaha, l'équipe Obama a prévu d'ouvrir un nouveau bureau. Les efforts des démocrates sont tellement importants que le Sénateur de l'état appelle maintenant la ville Obamaha. Résultat le plus intéressant de ces efforts : Sarah Palin a prévu une visite à Omaha ce dimanche 5. Considérant que c'est celle qui attire et enthousiasme le plus de monde, l'envoyer à moins de 30 jours de l'élection à Omaha plutôt que dans le Michigan, l'Ohio, en Floride ou en Virginie (où les Républicains se plaignent de l'absence des deux candidats de leur parti) est très significatif.

Dans les deux cas, ce ne sera pas facile, mais ce n'est pas impossible. Le cas le plus extraordinaire serait évidemment que chacun réussisse son pari, gagne un EV dans un état qu'il perd, et que l'élection termine quand même par un match nul 269-269.Et si vous vous posez la question, dans ce cas, c'est la Chambre des Représentants qui choisit, avec un vote par état et non par Représentant. Les Démocrates ayant la majorité à la Chambre, Obama serait alors favori, mais le calcul est pour l'instant trop complexe pour qu'on sache vraiment ce qui pourrait se passer, incluant des résultats a priori absurdes (Obama - Palin, président Biden, présidente Pelosi ?). 

Un mot à propos de moi : à partir de ce lundi soir, je risque d'avoir moins de temps pour mettre à jour ce site. Je vais essayer de continuer à rester quotidien, même si je ne promets absolument rien pour demain, et que je pourrais ne faire que des textes plus courts. Plus qu'aujourd'hui, en tout cas. A voir au fur et à mesure.

De toute façon, je pense que l'élection est pliée : avec 50 % des voix et 8 % d'avance dans les sondages, Obama est dans une position historiquement très favorable. Et c'est pas en prenant tous ses week-ends que McCain risque de revenir...

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